Vous ne savez pas exactement où vous allez.
Vous avez l’impression d’avancer, mais sans direction claire.
Vous cherchez un projet, une idée, un objectif, sans parvenir à mettre le doigt dessus.
C’est une situation que vous connaissez bien. Que cela vous concerne vous, ou un proche, comme par exemple un enfant…
Contrairement à ce que l’on imagine, celle-ci ne se résout ni par davantage d’informations, ni par plus d’efforts, ni par une nouvelle méthode miracle.
Elle se résout souvent par l’exact inverse.
C’est-à-dire en revenant aux fondamentaux !
Alors voici mon conseil pour s’en sortir.
Un conseil qui ne coûte rien, qui ne demande aucune compétence particulière et que vous pouvez appliquer dès aujourd’hui.
Pas mal non ? Normalement, votre curiosité doit être aiguisée…
Ce conseil est contre-intuitif, presque subversif dans un monde qui valorise l’agitation permanente.
Le voici :
👉 Ennuyez-vous !
Oui, tout simplement.
L'ennui, grand oublié de notre époque
L’ennui est le grand oublié de notre époque. Il est malmené, méprisé, considéré comme une perte de temps. Et pourtant, il est l’un des plus puissants déclencheurs de créativité et de transformation.
Nous ne savons plus nous ennuyer. Dès qu’un instant de vide se présente, nous le comblons mécaniquement : un écran, une notification, un message, une vidéo. Nous allons chercher notre dose de dopamine, incapables de supporter quelques minutes sans stimulation. Trop de choses se battent aujourd’hui pour capter notre attention et nous priver du temps le plus précieux qui soit : celui où l’on ne fait rien.
Et pourtant, il est salutaire de s’ennuyer.
L’ennui est un espace. Un champ fertile.
C’est le moment où le cerveau, privé de distractions, commence à travailler autrement. Il établit des connexions, fait émerger des idées, des intuitions, des envies.
Il est urgent de se rappeler de cultiver l’irremplaçable discipline de l’ennui.
L’ennui est à la source de nombreuses réponses que vous cherchez parfois désespérément ailleurs. Il suffit de lui laisser un peu de place.
Comment faire
Allez marcher sans but précis, en ville, en forêt, dans un centre commercial, peu importe. Posez votre téléphone. N’écoutez pas de podcast. Ne passez pas d’appel.
Ne cherchez surtout pas à « optimiser » ce moment.
Allez juste marcher, afin de laisser votre esprit vagabonder, et faites confiance à votre cerveau pour occuper l’espace.
Quand mes enfants me disaient : « Papa, je m’ennuie », je le prenais comme une bonne nouvelle. Et à cela je ne répondais surtout rien !
Au contraire, il faut les laisser faire ! Les laisser tourner un peu en rond, jusqu’à ce qu’ils inventent un jeu, se racontent des histoires ou prennent un crayon.
L’ennui déclenche ce que nous passons notre temps à anesthésier : l’introspection.
Pour réussir dans la vie, il faut souvent avoir un objectif clair, savoir où l’on veut aller.
Et c’est une chance immense d’être dans cette situation.
Mais cette clarté ne naît pas sous la contrainte ou dans la consommation permanente de contenu sans intérêt sur tous nos écrans.
Elle naît au contraire dans ces moments suspendus où l’on accepte de ne rien faire.
C’est pour cela que l’ennui fait pleinement partie de l’arsenal stratégique de l’entrepreneur.
S’ennuyer pour laisser venir des idées.
S’ennuyer pour laisser émerger des solutions.
S’ennuyer pour permettre au cerveau de se désengager, de se reposer et de créer autrement.
Cela demande aujourd’hui une véritable discipline. Celle de réduire la stimulation sensorielle, de résister à l’envie de consulter son téléphone en permanence, d’accepter d’être seul, même au milieu d’une foule. Et pour nourrir ce processus, il faut marcher. Ne pas rester statique. Peu importe le décor. L’ennui ne nécessite pas un paysage spectaculaire. Il a même tendance à mieux fonctionner dans la banalité.
Alors acceptez de perdre quinze minutes de votre temps. Marchez sans téléphone, sans musique, sans écran. Résistez à la tentation de « faire quelque chose ». En vous ennuyant, vous faites précisément ce qu’il faut : vous laissez la place à la construction de votre idée.
Mon année d'ennui
C’était le 24 décembre 1980, j’avais 7 ans.
J’étais en haut de la montagne, les skis aux pieds, espérant obtenir ma troisième étoile. C’était la fin d’une longue journée, j’étais épuisé. Nous avions le choix entre rentrer à la station par les télécabines, ou faire une dernière descente avec le moniteur.
J’ai choisi la descente.
J’ai mis des années à me remettre de l’accident, et encore aujourd’hui, je me mets à boiter dès que je suis un peu perturbé.
Grave fracture de la jambe, plusieurs opérations, je suis resté un an alité. À l’époque, pas d’écran et pas de télé dans ma chambre. Juste moi, des livres et une tablette en bois pour faire mes devoirs.
J’ai pris un an d’ennui ferme.
Et cela m’a profondément transformé. J’ai appris à me connaître, à m’aimer et à me faire confiance. J’ai appris à m’ennuyer.
L’ennui est la source de la créativité, du questionnement, de la curiosité. C’est ce terreau fertile qui m’a permis de trouver mes buts, mes objectifs, mes projets.
Et une fois que vous avez un projet, un but, rien ni personne ne peut se mettre en travers de votre chemin.
L’ennui est fructueux. Il est toujours transitoire. Et il ne coûte rien.
Et si vous apprenez à bien vous ennuyer, alors vous deviendrez comme moi son disciple.
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- clarté
- discipline