Je ne prends jamais de notes. Je garde en général tout en tête et je n'ai ni cahier ni application pour écrire quoi que ce soit.

Et ce, depuis toujours...

Il y a cependant une exception, une circonstance bien particulière dans laquelle j'ai un cahier et un stylo pour prendre des notes.

C'est lors du tournage de QVEMA...

Lors d'une journée de tournage QVEMA, nous voyons entre 6 et 7 cas différents, qui chacun va durer entre 30 et 90 minutes. Tout se fait en temps réel, sans aucune interruption.

Et durant les pitchs et discussions, je prends des notes.

Ce que je note sur le plateau

Dans notre cahier fourni par la production, je dédie une page par entreprise.

Je commence par noter le nom de la société, le prénom des entrepreneurs (indispensable pour ensuite s'adresser à eux !) et la demande qui est faite (ex : 100k€ contre 10%).

Pendant le pitch, je note quelques mots clés sur l’activité ainsi que les chiffres donnés (CA, marge, répartition des canaux de distribution etc.).

Pendant les discussions, je ne vais prendre que peu de notes sur le projet, uniquement pour compléter les chiffres indispensables.

Par contre, je vais commencer à noter mes éléments d’analyse (les plus, les moins) pour pouvoir commencer à structurer ma réponse. Il est en effet indispensable d’apporter un maximum de valeur aux entrepreneurs, en tentant de décortiquer leur business et en leur faisant des retours constructifs avec si possible des conseils actionnables.

Le montage raccourcit en général nos réponses à quelques dizaines de secondes, mais il n’est pas rare d’avoir des analyses qui durent plus de 5 minutes !

Le fait de prendre des notes et structurer la réponse à l’avance permet de faciliter la restitution et surtout de ne rien oublier. Je peux en effet parfois penser à quelque chose de pertinent à dire, et si je ne le note pas il est possible que j’oublie de le dire lorsque vient mon tour de parler.

Ce que les notes ne font pas : décider

Concernant la décision d’investissement elle-même, les notes ne me sont d’aucune utilité. Je ne fais aucun calcul ni ne dresse un tableau SWOT (Strength / Weakness / Opportunity / Threat) pour m’aider à y voir plus clair.

Les aspects financiers (valorisation, revenus futurs, multiple d’EBITDA) me viennent assez naturellement de tête, et l’expérience me permet de pouvoir assez vite me positionner sur un go ou no go. Alors parfois oui c’est un peu compliqué car j’ai vraiment du mal à me décider. Il m’arrive de commencer une conclusion sans savoir où cela va me mener…

Nous devons en effet nous positionner sur un investissement financier conséquent (pour mémoire nous investissons notre argent personnel !) et il y a beaucoup de facteurs que je dois prendre en compte (qualité des fondateurs, élasticité potentielle sur la valo, pertinence et légitimité de mon accompagnement, intérêt des autres investisseurs, modèle de revenu, capacité d’exit, horizon temporel, aspect émotionnel, et parfois aussi la fatigue !).

La prise de note est aussi utile post tournage dans les phases de due diligence (audit). Je peux ainsi comparer ce qui a été dit en plateau avec les chiffres qui sont finalement vérifiés en comptabilité.

J’ai plutôt une bonne mémoire (ce qui me permet justement de ne pas prendre de note, comme on va le voir par la suite), mais quand on enchaîne autant de cas différents en si peu de temps, il me serait impossible de me rappeler de quoi que ce soit.

Il n’est en effet pas rare qu’en fin de journée je ne me rappelle même plus de qui on a pu voir le matin ! Sur une saison, ce sont en général plus de 50 cas qui sont tournés.

Le reste du temps : zéro note

Bon jusque-là rien de surprenant.

Prendre des notes est en général plutôt commun.

Ce qui l’est moins, c’est de ne jamais en prendre.

Et ça c’est plutôt mon quotidien !

Alors pourquoi ce choix, et comment je fais pour m’en sortir ?

Dans toute ma carrière d’entrepreneur (plus de 30 ans), je n’ai jamais pris de note en réunion. Et pourtant, visiblement, cela ne m’a pas empêché de mener ma barque.

Je ne prends pas de note car je suis paresseux. Si on note quelque chose, c’est pour le relire. Cela implique un support, un système de classement. Bref, cela implique du travail. Et moi j’ai toujours eu tendance à trouver les solutions les plus simples.

Et quoi de plus simple que de ne pas prendre de note ?

Pour m’en sortir, j’ai cependant deux atouts : un, une assez bonne mémoire court terme pour les chiffres et les évènements, et deux, une capacité à pouvoir être interrompu et changer souvent de tâche sans perdre le fil de ce que je fais.

Prendre des notes ne m’aurait au final été que peu utile. Et puis il faut dire que le métier d’entrepreneur ne se prête pas trop à de l’archivage ou à relire des vieux documents.

Pas de to-do list non plus

Idem pour la gestion de tâches : je n’ai pas de to do list.

Alors oui, je mets parfois des choses dans mon agenda pour ne pas oublier certaines choses importantes ou ne pas perdre de vue des deadlines critiques, mais dans l’ensemble je gère mon temps et mes priorités de façon assez basique.

J’ai trois règles de base :

  • dès que je reçois une tâche, si elle peut se faire en moins d’une minute, je la fais immédiatement (ma capacité d’être interrompu pour ensuite revenir à ce que je fais est ici très utile)
  • si c’est trop long ou si cela nécessite d’autres éléments pour y répondre, alors je la “snooze” (elle va revenir dans quelques heures et j’aurai à nouveau à la traiter)
  • je lis tous mes messages, tout le temps et sans délai. Je suis toujours en inbox zéro.

Je peux bien sûr snoozer à une semaine des tâches ou des choses que je juge moins prioritaires et avoir donc une sorte de to do list de cette manière-là, mais j’ai rarement plus d’une dizaine d'éléments renvoyés dans le futur (et si jamais cela augmente, je me prends une heure pour me forcer à dépiler).

Donc en conclusion, pas de notes, pas de todo list, pas d’outils d’organisation spécifique.

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