🤕 Se faire piquer son idée est parfois le seul remède à l’échec.

Je reçois de nombreux messages de personnes ayant l’idée du siècle et voulant absolument venir m’en parler pour que je les aide à la mettre en œuvre. Cependant, impossible d’en savoir plus, mes correspondants étant drapés dans une paranoïa digne d’un film d’espionnage.

💡 À force d’être bombardé d’idées du siècle, j’ai fini par craquer, et j’ai voulu tirer le fil d’une d’entre elles pour voir où cela allait me mener.

L'idée du siècle

J’ai donc appelé un de ces porteurs d’idées. Il voulait me rencontrer pour me présenter son projet en personne, impossible d’en parler au téléphone, trop risqué. Et est-ce que je voulais bien signer un contrat de confidentialité ?

Visiblement, le marché était gigantesque (“des centaines de milliards d’euros”), la mission était incroyable (“régler une fois pour toutes la pollution automobile”) et bien entendu, personne n’y avait encore pensé (“mais tout le monde travaille forcément dessus, le temps presse, ça fait déjà 2 ans que je suis sur le coup”).

🤯 À force de persuasion, lui expliquant que je n’allais de toute manière jamais signer un contrat de confidentialité à ce stade, il finit par lâcher le morceau.

- Vous êtes familier avec le concept de voiture électrique ?

- Oui

- La recharge et l’autonomie sont un problème n’est-ce pas ?

- Oui…

- Quand la voiture roule, elle a du vent qui lui souffle dessus vous voyez ce que je veux dire ?

- Mmmoui…

- Alors voici mon idée qui va tout changer : vous installez un ventilateur sur la voiture, le vent le fait tourner, et vous rechargez la voiture avec ! Autonomie quasi infinie, une révolution totale impactant le monde entier !!!

- 😶 …

Obnubilé par le potentiel révolutionnaire de son idée, et terrorisé à la pensée qu’on puisse lui piquer, il n’en avait jamais parlé à personne.

Je vous vois vous marrer, mais dites-vous bien que votre idée à vous est du même acabit. Vous devez en parler, vous faire challenger, quitte à vous la faire piquer.

🛑 Arrêtez de croire qu’une idée a de la valeur et que vous devez la protéger à tout prix en n’en parlant à personne.

Et pourtant, ce que vous devez protéger, ce n’est pas votre idée. C’est votre capacité à l’exécuter.

Une idée que vous ne confrontez jamais au réel, que vous gardez pour vous comme un secret de famille, est une idée morte.

Ne me demandez pas ce que je pense de votre idée

💡 Le problème, c’est que cette question est illusoire. Il est certes utile de parler de votre idée, mais si vous avez la possibilité de vous faire challenger sur un sujet, ce n’est clairement pas le bon.

Ce qui compte en effet, ce n’est pas de savoir ce que je pense de votre idée (la vérité c’est que je m’en bats les steaks) mais d’avoir un retour et un avis sur la manière dont vous allez l’implémenter.

Voici quelques exemples de bons sujets pour se faire challenger de manière efficace :

✅ quel problème réel ma solution adresse-t-elle ?

✅ quel argumentaire précis puis-je mettre en avant pour convaincre ?

✅ est-ce que j’ai bien compris mon marché ? Quel est-il ?

✅ mon business model a-t-il un sens par rapport à mon marché ?

✅ comment et avec qui mettre en œuvre ma solution ?

Si vous voulez gagner du temps et arrêter de tourner en rond, retenez bien ceci : une idée n’a aucune valeur, seule son exécution compte.

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